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Vitamines méthodologiques
Ici, il s'agit d'imager, de concrétiser nos façons d'aborder l'EHC par des "mises en élan" émotionnelles, en proposant des analogies ou des métaphores.
Nous sommes dans des états de transition, chargé d'imprévisibilité et caractérisés par le moment même où ils se produisent et leur mouvement chaotique. Ils ne procèdent donc pas d'un objectif prédéterminé si ce n'est l'acceptation d'un moment présent associé à des sensations et des émotions. C'est cela que nous avons voulu éclairer dans ce qui suit. |
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PLANTER UN CHÊNE
Pour éclairer davantage cette démarche, disons que nous ne plantons pas un chêne pour les générations futures. Cela c'est de la prédetermination. Cela c'est l'objectif classique, le projet dont on sait par avance ce qu'il donnera, l'application technicienne confondue avec la recherche fondamentale qui, elle, ne peut savoir vraiment ce qu'elle va trouver puisque c'est "à découvrir" etc.Non, nous plantons un chêne parce que, par exemple, nous aimons cet arbre et que cela nous émeut (=mise en mouvement émotionnelle) au moment même où nous le plantons.
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C'est cela que nous entendons par une dynamique non pré determinée. Peu nous importe qu'il devienne centenaire ou qu'un éclair d'orage le brûle, cela ce n'est pas vraiment maîtrisable par nous. Une institution peut planifier la plantation de chênes mais il demeure important que l'homme continue à aimer planter.
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C'est cette part là d'irrationnel actif, peuplé de sensations variées (plaisir de faire, plaisir esthétique, sommeil associé à l'effort physique, plaisir de voir pousser, investissement corporel et sensoriel direct etc.) qui assure, en dépit de l'imprévisibilité d'une plantation, une pérénité de ses interactions avec son environnement vital. Si nous n'avions pas conservé un peu de cela, notre aire de vie serait devenue un désert (on y aurait coupé les arbres sans aucun état d'âme).
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Remarque: même si ce n'est pas encore le cas, nous avons déjà tendance à ne planter que pour la rentabilité la plus immédiate possible, par exemple des peupliers, adultes, donc que l'on peut couper et vendre, à une trentaine d'année. En fait il y a problème chaque fois qu'il y contamination par les seuls intérêts matériels (que l'on imagine pouvoir contrôler dans le temps), aux dépens de l'être vivant (qui lui n'existe réellement que transitoirement). Sans nier notre matérialité, l'EHC souhaite redonner une chance à notre vitalité.
Voir à ce sujet l'article intitulé "De la négation à l'incitation" dans "Escapades biologiques".
Et pour revenir à la recherche de nouveaux possibles, c'est encore le plaisir à chercher pour le seul plaisir de chercher, jusqu'au moment ou l'imprévisible et l'inattendu se manifestent. Pour caricaturer Malraux "l'avenir sera éthologique ou ne sera pas".
Malraux a dit, lui, "l'avenir sera métaphysique ou ne sera pas", ce qui est, selon nous, une pirouette moralisante.
Nous avons besoin d'une dimension où nous puissions être en accord avec le monde (pourquoi pas la recherche de la beauté qui est probablement plus universelle qu'on veut bien le dire), et non d'une idéologie moralisante qui n'a cessé de faire la preuve de son incompétence en s'appuyant sur des pratiques mortifères et objectivement deshumanisantes.
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En quelque sorte planter un arbre pourrait devenir un acte éducatif et culturel d'EHC, c'est à dire animé par un désir initialement innocent (en tant que non coupable). Et nous apprendrions à ressentir et à agir à chaque instant pour la beauté présente du monde où nous vivons effectivement. Il y aurait alors construction d'une vouvelle vision du monde
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A notre avis, un acte éducatif et culturel écologique, au contraire d'une dynamique d'EHC, est fondamentalement animé par une morale ou une éthique s'appuyant sur notre culpabilité d'enlaidissement de ce monde et une projection idéalisante d'un futur meilleur mais post-mortem qui - objectivement - ne nous concerne pas. Et de ce point de vue la problématique écologique reste la même que celle qui a opéré jusqu'à présent, puisqu'elle s'appuie sur la notion d'une volonté de devoir en lieu et place d'une contemplation sensible de la beauté.
Evidemment la présence des deux est souhaitable mais il nous semble que l'attitude de l'EHC est apte à produire une nouvelle éthique. Cette éthique serait fondée sur notre disposition "naturelle" à ressentir la beauté réelle et expérimentée du monde. Elle remplacerait le mythe d'une beauté idéalisée et magnifiée dans un monde futur, ce qui, nous le constatons, justifie le maintien de la laideur et de l'enlaidissement dans le présent, et dévalorise la beauté réelle de ce monde. Dire que cela se fera plus tard et mieux revient à maintenir ce qui est actuellement esthétiquement et sensuellement (en tant qu'ensembles de sensations) inacceptable.
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L'écologie se présenterait donc plus comme un devoir de préservation de la nature future. La encore nous cotoyons davantage la morale que le pragmatisme humain.
L'éthologie humaine comportementale (EHC), quant à elle, oeuvrerait plutôt dans la redécouverte de sensations associées à un "réapprentissage" de l'immense beauté présente du monde.
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C'est ce que le réalisateur du "La marche de l'empereur" a compris. Il a filmé les manchots car il les trouvait beaux mais n'a pas tenu à en faire une parabole écologique moralisatrice. Il a fait le choix de la beauté pure, sans commentaire anthropomorphique, sans suggestion culpabilisante sur nos comportements destructeurs, avec une musique accordée par la compositrice à sa perception sensorielle des images. En cela, il était pleinement dans l'EHC, telle que nous l'entendons. Et le public ne s'y est pas trompé qui, à travers une grande variété de continents et de cultures, a plébiscité ce film sur une forme de "beauté universelle".
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