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| Pratiques éducatives |
Ethologie éducative
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J'ai lu récemment dans la revue "La Recherche" ce résumé d'un livre :
" La cuisine, haut lieu de l'apprentissage des mathématiques ? C'est l'idée inattendue développée dans ce livre écrit par des spécialistes en rééducation logico-mathématique, pour qui le fait de mesurer ou de peser permet au jeune enfant de s'approprier l'idée de nombre et l'abstraction qui l'accompagne. L'ouvrage aborde des questions comme la représentation décimale, l'idée de classement, ou encore les joies et les mystères du système métrique."
(Les maths à toutes les sauces/ Bernadette Guéritte-Hess, Isabelle Causse-Mergui et Marie-Céline Romier; ed Le Pommier, 2005; 25€).
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La encore, c'est en passant par une gestuelle quotidienne et familière, associée à des ensembles variés de sensations et d'émotions, cuisiner, que le "message" agit.
Les auteurs ont adopté là un comportement éthologique même si le résumé insiste davantage sur " les joies et les mystères du système métrique".
L'éducation dite active (Comenius, Freinet, Montessori) a elle-même partiellement échoué à cause de cette insistance à vouloir se justifier par une finalité d'apprentissage au dépens du processus éthologique lui-même.
"On ne peut pas apprendre à boire à un cheval qui n'a pas soif" dit Freinet. Et en cela même il a toute chance d'échouer car la priorité posée demeure une finalité prédeterminée: "apprendre à avoir soif (d'apprendre) pour boire les apprentissages requis". Si ce cheval "métaphorique" ne savait plus boire, il y a longtemps qu'il serait mort. Evidemment si on lui propose de boire un liquide infâme à la place d'eau, il est dans l'ordre des choses qu'il rechigne. Et, dans ce cas, c'est plus à la qualité de l'eau qu'il faudrait s'intéresser.
En fait il n'y a pas vraiment de finalité à poser. L'important, c'est amusons-nous à découvrir, prenons plaisir à la beauté de l'apprentissage. En cela les écoles maternelles sont un modèle du genre et les enfants y font des progrès considérables. Comment poursuivre cela au delà ? Peut-être en faisant d'activités comme la musique, le chant, la danse, le théâtre, la poésie, et l'aptitude à improviser, seul et en groupe,etc., des formes éducatives fondamentales à l'apprentissage comme à l'existence personnelle, culturelle et sociale.
La clef demeure la redécouverte et la pratique de comportements "sensibles. Quel plaisir et quelle beauté si nous savions tous improviser un chant, une musique ou une danse ! (là encore sans déterminisme commercial ou sans prédétermination uniquement rationnalisante).
En même temps tout s'y trouve, le rythme (l'être vivant est un être rythmé), le mouvement, le son et l'écoute , voir et être vu, la symbolisation, l'intelligence participative, la mémorisation, la préservation des performances sensorielles, l'investissement émotionnel, la construction sentimentale, etc.
Et à partir de là, apprendre quoi que ce soit d'autre, qui permette l'exercice d'une activité, ne devrait pas poser de problème majeur. Il demeure dommage que les seules expériences réussies dans ce domaine aient été faites à des fins principalement militaires ou de propagande culturelle ou religieuse : homogénéiser des comportements par des marches et des danses codifiées, de la musique souvent binaire ou répétitive et des chants à message héroïque, mystique ou violent etc.
Il demeure également préjudiciable que l'appropriation commerciale et professionnelle de ces moyens essentiels de la communication humaine, maintienne la majeure partie de la population dans une situation de spectateurs-consommateurs.
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