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Axiomatique
Notre axiome de base est : la réalité présente est vraie.
Cela nous conduit à privilégier les axes de travail suivants
1 . Nous considérons comme vraie l'intelligence vitale.
Cette intelligence cherche à obtenir le maximum d'effet avec le minimum d'effort.
De ce point de vue, quand quelque chose peut se faire plus simplement et avec une consommation moindre d'énergie nous sommes sur la bonne piste.
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2 . L'observation des interactions homme/environnement. De ce point de vue ce ne serait pas la raison (du point de vue de la durée) qui serait primordiale mais l'expression de sensations et d'émotions (du point de vue du moment vital) induisant ou non une action plus ou moins efficiente.
3 . L'attention portée à l'instant transitoire "le moment même ou la décision de réaction" se décide ou se refuse. De ce point de vue "le changement serait immédiat ou il ne serait pas". C'est encore une inscription dans le moment plutôt que dans la durée.
4 . La différenciation entre le chaotique (qui peut se prévoir mais pas se mathématiser) et l'aléatoire (qui peut se mathématiser mais pas se prévoir). De ce point de vue l'approche vitale est chaotique mais n'est pas aléatoire. A contrario, quand c'est mathématisable, ce n'est pas vivant. La mathématisation ne concernerait que la "description" de la matière vivante dans un état précisément aléatoire à la manière du calcul de la suite du nombre pi. Mais d'autre modèles seraient nécessaires pour en comprendre la dynamique informationnelle, c'est à dire celle des changements d'état (comme si on cessait pogressivement de calculer pi pour passer à autre chose), une perspective plus chaotique comme une goutte de lait froid tombant dans une tasse de thé chaud.
Comme il s'agit d'une axiomatique et pour rester cohérent avec notre démarche d'interaction, il est évident que nous en changerons si des informations nouvelles la remettent en question.
Axiome: une intuition parfois fructueuse
(Extrait de Escapades biologiques p28-30)
Le problème posé par les axiomes est examiné ici dans le cas de situations biologiques. Cette réflexion particulière a été développée dans l'optique de réorganisations possibles de nos connaissances. En EHC, quand nous posons comme axiome que la réalité est vraie, nous essayons de nous affranchir d'une idéologie conceptualisante. Mais l'interrogation sur la validité de ce choix demeure.
Qu'est-ce qu'un axiome? Au départ ce n'est qu'une intuition forte. Il est donc indémontrable.
Et c'est sur ces fondations indémontrables que se sont bâtis tous nos savoirs. La conception du fonctionnement neuronal, la théorie génétique repose sur de telles axiomatiques. Une fois l'axiome admis, l'ensemble des hypothèses et des expériences s'organise autour de lui. On pourrait penser que si les faits ne confirment pas l'intuition de départ, on repartira sur de nouvelles bases. Dans la pratique vitale, ce n'est pas si simple: les potentialités de formes de vie sont, à notre échelle, illimitées - elles vont des êtres disparus (par exemple les dinosaures) à ceux à venir (les êtres en futur qui s'inventent en ce moment même, et peut-être en faisons nous partie dans la mesure où nous ne serions encore qu'inachevés)-; la capacité combinatoire des cellules neuronales (et il en est de même pour les autres cellules) est de l'ordre de 2000 multiplié 50.000.000.000 de fois par lui-même (1)! Ce qui revient à dire que tout est possible. Ainsi un axiome, même douteux, peut être validé par une vision non réellement rationnelle du monde. Et c'est dans l'ordre des choses puisque le point de départ est lui-même irrationnel: il est ce choix irrationnel que je fais au sein d'un possible immensément vaste. Dire dieu existe est du même ordre que d'affirmer que l'ADN est un langage universel. Il y est davantage question de foi que de raison. Le principe d'autorité (= j'affirme que c'est vrai! et je vous ordonne d'y croire) est tellement plus confortable que le principe de doute (= je pense que c'est juste mais je vais faire tout mon possible pour démontrer que c'est faux!).
L'histoire de notre cerveau en est une belle illustration. Notre pensée n'a pas toujours été perchée à cette altitude. A d'autres époques et en d'autres lieux elle siégeait dans le coeur ou dans le foie. Et d'ailleurs, qui est en mesure d'affirmer où se loge notre pensée?
Donc j'admettrai qu'au départ, il s'agit seulement d'une vision symbolique du monde. Le maître est au-dessus de l'esclave. La pensée supérieure commande au reste du corps. Pourquoi la ligne de ma ceinture (sexe vient du latin sectare = couper) sépare-t-elle mes parties nobles de mes parties "honteuses". Pourquoi les dieux siègent-ils dans les hauteurs et les diables dans les gouffres? Il existe ainsi une valorisation irrationnelle des directions de l'espace: le haut est magnifié, le devant l'emporte sur le derrière, et les latins appelaient la gauche "sinistra".
A ces préférences spatiales se superposent des préférences temporelles: c'est du passé, vive le futur! Et cette aptitude essentielle que possède l'être vivant à vivre au présent, que devient-elle? Notre vie ne serait-elle qu'un passage anecdotique entre un passé et un futur, entre une naissance et une mort?
Ces "croyances" irrationnelles nous influencent: recherche systématique de tel type de contrôle dans telle zone, en fonction de telle conviction. Des choix se sont faits. Le champ d'investigation est, en effet, à ce point immense, qu'il est possible d'y trouver en chaque lieu l'un et son contraire, et les découvertes conformes au dogme initial ont plus de chance d'être validées.
Mais qu'aurions-nous trouvé en cherchant une solution autre, ailleurs, c'est-à-dire en transgressant le dogme et la typologie initiale qui lui est associée?
A partir de là comment ne pas douter de l'hégémonie cérébrale? Quand le cerveau rêve, la peau aussi rêve (2). Ne serions-nous que des gelées neuronales pensantes? En fait aucun système ne l'emporte sur un autre. Si le système musculaire, osseux, hépatique, circulatoire, digestif etc., meurt totalement, nous mourrons totalement. Nous pouvons de même n'être amputé que d'une partie y compris cérébrale et survivre. Objectivement c'est l'ensemble des cellules de notre corps qui pense (et c'est très probablement une pensée opérationnelle).
Cherchez l'axiome!
(1) Si l'on admet une moyenne de 2000 "points de contact" par neurone du système nerveux central, pour un nombre de neurones de l'ordre de 50 milliards. Cela est d'ailleurs hors de nos possibilités conceptuelles. Pour mémoire le gogol, nombre mythique 10 multiplié 100 fois par lui même, représente plus que l'ensemble des atomes jusqu'aux limites estimées à 15 milliards d'années lumière, de notre univers.
(2) Variation de la résistivité de la peau caractéristique dans ce cas (RED/Résistivité electrodermique), et en relation avec les fluctuations des ondes cérébrales du sommeil.
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